De toute évidence le fonctionnement des entreprises, n'est pas toujours adapté aux besoins de "l'Homme" ! Sinon, pourquoi parlerions-nous de responsabilité sociétale et de risques psychosociaux ? La prise en compte de "l'élément Humain" dans l'organisation et le management des entreprises est incontournable. La réussite et le maintien dans le temps des résultats ne se résument pas à une méthode ou à des outils et se réfèrent bel et bien à une culture, une façon de penser, vivre le travail.

Une petite histoire pour illustrer concrètement cela :

Au supermarché, afin d'être tranquille une maman achète une bande dessinée à son fils mais naturellement, celui-ci, insatisfait en réclame une seconde... Et là, que se passe-t-il ? La maman fort mécontente refuse et le petit se met à pleurer et à hurler. Bref, il joue au persécuteur et sa maman endosse le rôle de victime. D'ailleurs, à un moment donné, sa maman fera appel à un sauveur en disant: « Tu vas voir, quand nous serons à la maison, j'en parlerai à ton père ». Et le pied est mis dans le triangle infernal.

 

Effectivement, une fois à la maison, elle rapporte au père: - « Oh ! Ton fils m'a joué une sérénade dans le magasin. Quelle honte!, je ne savais plus où me mettre ». C’est toujours l’enfant de son conjoint ou sa conjointe dans ces cas-là !

Et là, que décide le père ? Il pousse une « soufflante » à son fils : Il élève la voix tellement fort que le gamin fond en larmes. Maintenant, le père joue le rôle de persécuteur, l'enfant de victime et la maman va prendre naturellement le rôle de sauveur en disant : « Mais, chéri, qui t'a demandé de crier de cette façon ? ». Il est intéressant de noter que pleurer peut être une attitude de victime ou de persécuteur selon le contexte !

Que va-t-il se passer? Le père commence à se disputer avec sa femme, alors qu'elle devient persécutrice : « Oui, c'est toujours de cette façon que cela se passe... ».

Lui, devient victime : « Écoute, il faudrait savoir ce que tu veux, est-ce que c'est une éducation...? ».

Alors, l'enfant, à un moment donné, va dire : « S'il vous plait, ne vous disputez pas! ». Et là, l'enfant tient le rôle de sauveur à son tour.

Cela illustre le fait que, lorsqu'on se trouve dans le triangle, quand on a endossé l'un des rôles, alors souvent, il faut se préparer à vivre tous les rôles car c'est ainsi que cela marche !

Comment ça marche ?

Cet outil, mis au point par Steve Karpmann, met en jeu trois rôles, tous négatifs :

  • le Persécuteur
  • le Sauveur (sauveteur)
  • la Victime

Ces trois rôles forment un triangle « dramatique ». Ce concept constitue un outil particulièrement efficace de lecture des « scénarios relationnels ». Dès qu'un des trois rôles apparaît chez un interlocuteur, il invite le ou les autres à « entrer dans le triangle » et de ce fait, en situation de dérapage de la communication. Pour jouer au triangle dramatique, il suffit parfois d'être deux, voire d’être seul avec l’aide de la « petite voix intérieure », surprenant non ?

Le rôle de Sauveur (sauveteur) :

Il pense : « Moi, je sais ce qui est bon pour toi ». Ou bien: « Je peux faire que tu te sentes bien dans ce que tu fais », dans cette situation l'autre se trouve en situation de dépendance. Pour que le triangle fonctionne, il faut que le partenaire accepte le rôle qui lui est offert : celui de Victime.

Le rôle de Victime :

« Je suis très ennuyé, je ne sais pas quoi faire... » Phrase typique d'une Victime qui cherche un Sauveur. Et le Sauveur répond: « Eh bien, c'est extrêmement simple, tu n'as qu'à faire ceci et cela... »

Nous sommes là au premier degré de dérapage ce qui ne pose pas de problème majeur. Si ce n'est que l'autonomie de l'interlocuteur Victime se trouve amputée et ne l'incite pas à penser par lui-même et à développer ses propres capacités. Cela peut aussi prendre la forme de : « Tu ne me respecte pas … » ou bien encore « La situation fait que je ne peux pas … » ou enfin « Avec la conjoncture … ».
Mais attention il est nécessaire avant de jouer le rôle de sauveur, de bien vérifier ce que la Victime attend, car si nous l’assistons alors qu’il s’agit d’une simple plainte elle va se retourner contre nous et devenir Persécuteur (phrases ci-dessus).

Le rôle de Persécuteur :

Les problèmes importants surgissent si la situation se prolonge. Il se peut que l'un des deux acteurs se lasse, et passe en position de Persécuteur. Il dira par exemple: « Décidément, tu es complètement incompétent. Pas fichu de penser par toi-même ! » Ou bien c'est la Victime qui monte au crédo du Persécuteur et dit: « De toute façon, quoi que tu me dises, cela ne sert à rien. Cela ne marche pas. » A ce moment, le Sauveur passe en position de Victime. Il pense: « Moi, j'essayais simplement de l'aider... » Lorsqu'il y a Persécuteur et Victime, les personnes sont déjà au deuxième degré de dérapage.

Quand nous sommes dans ce triangle, tant que nous n'avons pas une vision claire, nous ne pouvons pas nous en sortir et nous y restons. La rotation des rôles est très classique et engendre une escalade d’agressivité dont on ne peut sortir qu’en quittant la scène. 

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