De toute évidence le fonctionnement des entreprises, n'est pas toujours adapté aux besoins de "l'Homme" ! Sinon, pourquoi parlerions-nous de responsabilité sociétale et de risques psychosociaux ? La prise en compte de "l'élément Humain" dans l'organisation et le management des entreprises est incontournable. La réussite et le maintien dans le temps des résultats ne se résument pas à une méthode ou à des outils et se réfèrent bel et bien à une culture, une façon de penser, vivre le travail.

La systémique a inspiré beaucoup de travaux scientifiques dans de nombreux domaines, souvent à haute dose de modèles et de mathématiques. Ici nous allons l’aborder de façon élémentaire, dans le cadre des relations humaines.

 

Système : ensemble d'éléments (individus) en interaction. Comme dans une pièce de théâtre, chaque élément à un « rôle » et se sont les « rôles » des autres éléments qui empêchent de sortir du sien. Par exemple, un couple est un système où chacun y joue un rôle et les rites qui se sont établis au fil des années contribuent à le maintenir en équilibre. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, même si ce couple se chamaille depuis des décennies sur les mêmes sujets : il reste uni !

L’apprentissage de nos différents rôles (enfant, parent, mari ou femme, ami, professionnel, membre d’un club …) nous le faisons par socialisation au travers des années d’école et d’éducation parentale ou religieuse et par nos vécus dans différents contextes personnels ou métiers. Notre cerveau, notre psyché sont ainsi façonnés et notre libre-arbitre est, que nous le voulions ou non, assez illusoire !

Le système de vie que nous construisons est empreint d’histoires et les règles qui s’y établissent entre participants et qui deviennent peu à peu inconscientes. Ceci est vrai pour tous nos domaines de vie, entre autre pour le groupe humain formé dans une entreprise, un organisme ; celui-ci construit sa propre culture (langage et vocabulaire – comportements – reconnaissances mutuelles – ce que l’on estime être essentiel …) et obtient ainsi son équilibre de fonctionnement.

Le propre d’un système c’est qu’il est doté d’une fonction automatique (homéostasie) lui permettant de revenir à son état d’équilibre si une modification, une perturbation l’amène à évoluer. La seule façon d’échapper à ce rééquilibre est de changer les règles du système ce qui revient à changer de système et de faire en sorte que le retour arrière soit impossible. Pour ce faire il existe un deuxième phénomène qui est « l’effet de levier ». Cet effet bien utilisé est miraculeux car avec une excellente préparation, puis un petit effort au bon endroit au bon moment, le système se transforme. Mais cette transformation a des conséquences brutales et radicales, Louis XVI et Gorbatchev par exemple en ont fait l’expérience douloureuse considérant que le changement se faisait par décret imposé. Alors que pour conduire le changement il faut entre autre comprendre le système, construire la cible et mettre en place un dispositif de contrôle et de régulation des effets produits par sa mise en œuvre. Un passage en force ou un changement rejeté par le système conduit à une crise irrationnelle pouvant déclencher la destruction, la paralysie du système ou une adaptation résignée qui se traduira par la perte d’autonomie, l’absence d’initiative voire une « revanche » future.

Un des outils de contrôle de la trajectoire du changement et de détection de « l’effet de levier » est la régulation des situations paradoxales : quand l’effet produit est inverse à ce qui est prévu, souhaité. Alors le retournement produit démontre l’acceptation de la nouvelle règle et il peut aller jusqu’à entraîner le basculement dans le nouveau système. 

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