De toute évidence le fonctionnement des entreprises, n'est pas toujours adapté aux besoins de "l'Homme" ! Sinon, pourquoi parlerions-nous de responsabilité sociétale et de risques psychosociaux ? La prise en compte de "l'élément Humain" dans l'organisation et le management des entreprises est incontournable. La réussite et le maintien dans le temps des résultats ne se résument pas à une méthode ou à des outils et se réfèrent bel et bien à une culture, une façon de penser, vivre le travail.

Le cerveau humain est une agrégation de plusieurs systèmes hétérogènes qui interagissent mais n’ont ni les mêmes fonctions, ni les mêmes modes de fonctionnement. Issus de l’évolution des espèces, les quatre territoires qui entrent en compte dans le processus de décision ont été conservés pour leur efficacité à assurer, respectivement, la survie, la vieindividuelle, la vie en groupe et le développement de l’espèce.

 

Ces territoires ne réagissent pas aux événements de la même manière. Il arrive qu’ils entrent en conflit et génèrent du stress, de la démotivation, des conflits, de la résistance au changement, de l’inefficacité, des burn-out…

Prenons un exemple. Un conducteur (ou une conductrice) coincé dans un embouteillage alors qu’un rendez-vous important l’attend, réagira de manière différente en fonction des territoires cérébraux qui prennent l’ascendant.

S’il s’énerve, s’empourpre, pose sur le trafic un regard fixe et frontal, sent sa mâchoire se crisper, il laisse s’exprimer les territoires reptiliens de son cerveau. Ces territoires forment la plus archaïque des quatre structures cérébrales. Inconscients, ils ont pour fonction d’assurer les instincts de vie et de survie dans l’objectif de pérenniser l’espèce. Les territoires reptiliens sont le vecteur du stress.

S’il se sent nul, s’il attribue cet embouteillage à un détail de sa journée (« c’est toujours comme ça quand je prends ma douche avant mon petit déjeuner ») ou, au contraire, s’il se sent limité dans ses actions par une bande d’incapables qui a décidé de lui « pourrir la vie », ce sont les territoires paléolimbiques de son cerveau qui ont la main. Cette structure cérébrale inconsciente mise en place depuis l’apparition de la vie en groupe (par les premiers mammifères vivant en troupeaux) a pour fonction d’assurer la régulation des rapports sociaux, principalement hiérarchiques, entre individus. Les territoires paléolimbiques forment le siège des rapports de force.

S’il se sent pris en défaut de ponctualité, une qualité essentielle pour lui, et qu’il pense qu’être en retard constitue un manque de respect vis-à-vis de ses interlocuteurs, il donne la parole aux territoires néolimbiques de son cerveau. Cette structure cérébrale consciente forme le réceptacle de l’apprentissage. Fonctionnant comme un disque dur, ces territoires emmagasinent dès la naissance savoirs, expériences et émotions. Ils contribuent au traitement des automatismes et des acquis qui facilitent l’existence. Ils forment le siège de notre tempérament et de notre caractère, de nos valeurs et intolérances, de nos motivations profondes et de nos blocages.

S’il se dit quelque chose comme : « Je suis en retard, c’est la troisième fois que cela m’arrive. Je vais en profiter pour écouter de la musique, réfléchir à la manière de gérer cette situation et trouver un autre itinéraire pour la prochaine fois », ses territoires préfrontaux prennent l’ascendant. Structure cérébrale inconsciente propre à l’espèce humaine, le néocortex préfrontal est capable de traiter la nouveauté et la complexité ou de s’adapter à toute situation… si on apprend à faire appel à lui. Fonctionnant comme un Operating System, il puise, dans les connaissances acquises, les éléments nécessaires pour les combiner, les assembler et trouver des solutions aux situations inconnues ou complexes.

Et chez vous, qui commande, en général ? Quelle structure cérébrale prend la main lorsque surgit l’imprévu ? La prochaine fois que vous serez coincé(e) dans un embouteillage, posez-vous la question… 

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